Génération MeToo : peut-on vraiment parler de révolution amoureuse ?

À l’époque, ça ne se faisait pas. » La formule était banale dans la famille de Yasmine*. Quand la Toulousaine, alors âgée de 20 ans, dit à ses parents qu’elle est bisexuelle, elle apprend avec surprise qu’elle n’est pas la seule personne LGBT+ de la famille : une grand-tante lesbienne l’a précédée, en silence. Mais comme dit sa grand-mère : « C’est comme être mère seule, ça ne se faisait pas. » Une formule aujourd’hui obsolète estime-t-elle : « Il y a moins de crainte du jugement », note cette fonctionnaire de 25 ans.

Comme Yasmine, plusieurs vingtenaires ont confié à Politis comment leur manière de voir et de faire l’amour diffère de celle de leurs aïeux. Née dans les années 2000, leur génération est plurielle – les inégalités sociales et territoriales sont toujours aussi présentes. Pourtant, les fantasmes projetés sur « la jeunesse » se répètent, éternel procès d’une société à sa relève. La jeunesse jouirait de tout sans entrave, sa sexualisation précoce serait un danger. « Ces préjugés sont

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Auteur: Miren Garaicoechea

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