« L’histoire ne vous jugera-t-elle donc pas sévèrement ? » Dans la salle de presse du siège des Nations Unies, à New York, la question posée par un journaliste a semblé piquer au vif António Guterres. Le diplomate d’origine portugaise, dont le second mandat arrivera à expiration fin 2026, est pourtant rompu à cet exercice auquel il se plie chaque année depuis 2017 : une discussion à bâtons rompus avec les médias, juste avant que les chefs d’État et de gouvernement du monde entier ne déferlent sur la Grande Pomme pour le coup d’envoi de la nouvelle session de l’Assemblée générale.
À l’origine de la question, un rapport, publié lundi, dans lequel une commission d’enquête indépendante mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU accuse Israël de génocide à Gaza. Depuis le début de la guerre, déclenchée le 7 octobre par une attaque du Hamas dans le sud d’Israël, dans laquelle 1.200 personnes ont trouvé la mort, l’armée israélienne a tué plus de 60.000 Palestiniens dans l’enclave.
Entre autres crimes, le rapport reproche au pays le meurtre d’un « nombre sans précédent de Palestiniens », l’imposition d’un blocus humanitaire ayant conduit l’ONU à déclarer l’état de famine, le 22 août dernier, et la destruction systématique des hôpitaux et écoles de la bande.
Condamnation de l’horreur
Interrogé sur les conclusions de cette enquête indépendante, M. Guterres a jugé qu’il n’était « pas dans les attributions du Secrétaire général de déterminer légalement le génocide ». Cela relève plutôt, a-t-il ajouté, des compétences de la Cour internationale de Justice, la plus haute juridiction onusienne basée à La Haye, qui est saisie depuis 2023 d’une plainte pour génocide portée par l’Afrique du Sud.
Le Secrétaire général s’est toutefois empressé de condamner, comme il le fait de manière quasiment quotidienne depuis deux ans, « l’horreur » de la guerre menée par…
Auteur: Nations Unies FR

