Dans cet extrait de Décrypter l’Afrique, Fabrice Wuimo revient, aux côtés de Théophile Kouamouo, sur une séquence diplomatique aussi absurde que révélatrice : la rencontre tendue du 21 mai à la Maison-Blanche entre Donald Trump et Cyril Ramaphosa. Sous couvert de rencontre au sommet, ce tête-à-tête s’est transformé en mise en scène médiatique au service d’une idéologie identitaire.
Que s’est-il vraiment passé ? Le président sud-africain, venu expliquer les réformes foncières de son pays — visant à corriger une injustice historique de l’apartheid — s’est retrouvé confronté à un Donald Trump obsédé par un prétendu “génocide des fermiers blancs”. Une thèse fantasmée, instrumentalisée par l’ancien président américain, qui n’a pas hésité à exhiber de fausses images, allant jusqu’à montrer une photo de victimes… en République Démocratique du Congo.
Trump a même accueilli 49 fermiers blancs sud-africains comme « réfugiés », alimentant l’idée d’une persécution raciale inventée de toutes pièces. Derrière ce coup médiatique se dessine une logique plus sombre : celle d’un projet ethno-national sélectif, où les Afrikaners seraient utilisés pour renforcer une Amérique blanche conservatrice fracturée.
Et au cœur de cette mascarade, un invité surprise : Elon Musk. Le conflit autour du déploiement de Starlink en Afrique du Sud vient éclairer les véritables raisons de cette agitation : enjeux économiques, pressions politiques, et défense d’intérêts privés sous couvert d’indignation morale.
Ce récit n’est pas qu’une anecdote diplomatique : il révèle comment certains dirigeants utilisent les migrations, les conflits raciaux et les récits humanitaires pour imposer une vision rétrograde du monde.
Auteur: Le Média

