Génocide en Palestine

À la suite d’une tribune de l’anthropologue et sociologue Didier Fassin, une série de réponses lui ont été faites (par Karsenti, Ehrenfreund, Christ, Heurtin, Boltanski et Tromet ; par Eva Illouz ; par Joel Kotek ; par Pierre Natnaël Bussière). L’enjeu du débat aura été, systématiquement, de réfuter l’éventuelle détermination génocidaire de la situation palestinienne. Yazid Ben Hounet, anthropologue qui avait traduit pour Lundimatin la prise de parole de Nada Tarbush, dissèque habilement ce « triste débat » qui ne semble, parfois, s’appuyer que sur des pétitions de principes, des adhésions hallucinatoires à la propagande israëlienne (hasbara), ou sur une simple ignorance des éléments élémentaires du débat. Cette « anatomie » de la question du génocide, mobilisant Deleuze et le massacre des Hereros et des Namas mené par Lothar von Trotha – premier génocide du XX° siècle – restitue une polémique afin d’en liquider les aspects les plus superficiels.

Le 18 octobre 2023, le quotidien Le Monde publiait une tribune de Didier Fassin dans laquelle il s’inquiétait du double standard des autorités françaises au regard des victimes palestiniennes et des discours déshumanisants à propos des Palestiniens, « prélude aux pires violences ». Le mot génocide y était utilisé en reprise du « plaidoyer juif » de la directrice exécutive de Jewish Voice for Peace appelant à « se dresser contre l’acte de génocide d’Israël ». Il est, quelques jours plus tard, mis en titre de son texte paru dans A.O.C (« Le spectre d’un génocide à Gaza », 1er novembre 2023). Au moment où Didier Fassin introduisit, dans le débat public français, la question du génocide à propos de la Palestine, et de Gaza en particulier, celle-ci circulait déjà largement en dehors de l’hexagone. Avant même le 18 octobre, le mot était en effet déjà employé par des chercheurs dans des publications…

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Auteur: dev