William Acker est juriste, issu d’une communauté de Voyageurs, qu’on appelle communément gens du voyage. Depuis 2019, il participe à plusieurs recherches sur les politiques publiques d’accueil des gens du voyage et sur l’antitsiganisme.
Les tiny houses suscitent un engouement croissant en France. Présentées comme une alternative écologique, minimaliste et économique, elles bénéficient d’une image positive dans la presse et le milieu écologiste. Qualifiées de « petites maisons nomades et écologiques », elles promettent une « vie de bohème avec tout le confort ».
Mais pourquoi les gens du voyage, les Voyageurs, dont l’habitat mobile est bien antérieur à cette tendance, ne sont-ils jamais perçus comme des promoteurs d’un mode de vie respectueux de l’environnement ? Pourquoi la presse multiplie-t-elle les articles élogieux sur les tiny houses, tout en ignorant la réalité des caravanes et les obstacles rencontrés par ceux qui y vivent ?
D’un point de vue juridique, tiny houses et caravanes relèvent des mêmes restrictions urbanistiques. Elles sont toutes deux des résidences mobiles, une fois les roues enlevées elles deviennent éventuellement des résidences démontables. Dans les deux cas, leur installation sur un terrain privé est soumise aux règles du Plan local d’urbanisme (PLU) et à l’accord du maire. Une installation sans autorisation expose à des sanctions pénales, astreintes et lourdes amendes.
Le racisme, un facteur de poids
Si les tiny houses ne sont pas épargnées par les refus d’installation (il ne faudrait pas nier les difficultés rencontrées par ceux qui y vivent), elles bénéficient parfois d’une certaine tolérance ou d’adaptations du PLU sur demande. Globalement, leur image positive leur permet d’être mieux acceptées qu’une caravane, a fortiori lorsque celle-ci est habitée par des gens du voyage. Car il y a un facteur de poids entre les deux situations : le…
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