La Doctrine invisible. L’histoire secrète du néolibéralisme (et comment il en est arrivé à contrôler nos vies), George Monbiot & Peter Hutchison, traduit de l’anglais par Mathilde Ramadier, Éditions du Faubourg, 256 pages, 21 euros.
Né en 1963 à Londres, George Monbiot est diplômé de zoologie. Après avoir produit des documentaires radiophoniques sur la vie sauvage pour la BBC, il devient journaliste d’investigation indépendant. Il mène diverses enquêtes à travers le monde qui nourrissent son engagement pour la défense de l’environnement. Éditorialiste au quotidien The Guardian, il enseigne également à l’université d’Oxford.
Vous commencez La Doctrine invisible en cherchant à donner une définition du néolibéralisme, que vous qualifiez de théorie économique « anonyme ». Pourquoi ?
George Monbiot : Pour commencer, les gens qui ont formulé les principes du néolibéralisme ont compris que, politiquement, il fallait convaincre l’opinion, ou donner l’impression qu’ils ne faisaient que décrire l’ordre naturel des choses, qu’il ne s’agissait pas d’une philosophie mais simplement de la façon dont le monde fonctionne. Comme si ce n’était qu’une description objective du monde. C’est pourquoi ils ont toujours plus ou moins dissimulé leurs associations, leurs think tanks, et cela jusqu’à aujourd’hui. Par conséquent, on ne voit pas comment tout cela est coordonné, qu’il s’agit d’un programme concerté, d’une idéologie tout à fait délibérée et clairement formulée et construite.
C’est pourquoi vous parlez d’une « Internationale néolibérale ». Selon vous, l’un des plus grands succès de ses initiateurs est d’avoir réussi à conquérir idéologiquement les gauches des pays dits…
Auteur: Olivier Doubre

