Georges Labica, philosophe marxiste irréductible

À l’occasion de la récente mise en ligne d’un grand nombre de textes de Georges Labica sur la section française du site Marxists Internet Archive, Contretemps publie cette présentation de l’auteur par Stathis Kouvélakis, suivie d’un texte de Georges Labica de 1990 intitulé « Écologie et luttes de classes ».

Dans celui-ci, Labica se propose de penser la crise écologique en tant que « nouveauté radicale dans l’histoire de l’humanité », à un moment où cette thématique était loin d’avoir pris l’ampleur qu’elle occupe actuellement dans le débat public. Il cerne les défis qu’elle représente pour le mouvement ouvrier et pour la pensée marxiste et plaide pour un projet écosocialiste qui articule « politisation de l’écologie » et « révolution culturelle du mouvement ouvrier » afin de « réinventer la lutte de classes ». Un texte de plus de trente ans aux résonances étrangement actuelles.

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La mise en ligne d’une partie significative des travaux de Georges Labica est une occasion tout autant qu’une invitation à (re)lire, ou, sans doute faudrait-il dire : à découvrir, l’œuvre de ce philosophe marxiste et militant communiste. À découvrir au sens où celle-ci nous confronte immédiatement à un paradoxe : bien qu’ayant marqué l’histoire du marxisme en France, la figure de Labica a connu une longue éclipse, dont elle ne sort que très progressivement. Point de référence central dans les débats marxistes francophones des années 1980 et 1990[1], sa visibilité s’est en effet effacée au fil des ans, au point que la publication, peu avant sa disparition, de son ouvrage majeur Théorie de la violence est passée presque inaperçue[2]. À cette époque, la quasi-totalité de ses publications avait quitté depuis un certain temps les rayons des libraires, y compris le Dictionnaire critique du marxisme dont il fut, avec Gérard Bensussan, le codirecteur, un volume qui avait pourtant connu un écho important et plusieurs réimpressions et traductions dans les années 1980 et 1990[3]. Le seul colloque qui lui a été consacré s’est tenu, en 2010, à Alger[4], où il passa une partie décisive de sa vie, et les études qui lui sont consacrées restent rares à ce jour[5]. Un ouvrage remarqué, qui offre une riche cartographie de la pensée critique des dernières décennies[6], notamment celle portée par des philosophes français issus du marxisme des années 1960-1970 (Badiou, Balibar, Rancière), ne lui consacre pas une seule ligne. 

Il a fallu attendre les années…

La suite est à lire sur: www.contretemps.eu
Auteur: redaction

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