Gérald Darmanin et l’esthétique virile du pouvoir

Je suis de celles à qui sa présence a été imposée. Je l’observe à la tête des ministères, à la télévision, dans les colonnes de journaux. Cela faisait des années qu’un homme politique ne m’avait pas donné cette impression : la testostérone est le seul principe actif de sa politique. S’il fallait désigner ce qui s’en approche le plus, ce serait la figure, ou peut-être la parodie, de l’homme fort, pour peu qu’elle ait encore un sens. Je l’observe et la masculinité est si bien exécutée qu’elle déborde l’écran, comme une manière revendiquée d’apparaître au monde. Sa présence entière puise dans cette culture, et l’imaginaire qu’il convoque est celui même que le mouvement féministe s’emploie à ringardiser.

De l’esthétique du pouvoir à sa pratique, du langage au contenu de la politique elle-même, en passant par le corps qui l’énonce, l’ensemble relève d’une cohérence. Le goût prononcé pour les fourgons blindés, les opérations « place nette », les coups de menton contre le narcotrafic, le cortège de politiques sécuritaires, les saillies politiciennes, l’aplomb qui confine à la morgue, jusqu’à cette manière d’hausser le sourcil, il existe chez Gérald un continuum viriliste.


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Être un homme n’est pas une donnée avec laquelle composer, chez lui, tout semble en procéder, tout paraît s’y rapporter. Un homme qui s’adresse à des hommes. Une incarnation du pouvoir datée et ennuyeuse que l’on croyait ensevelie avec Sarkozy en 2012.

Un monde entier parvenu à ses oreilles

À l’époque où il était poursuivi pour viol, nous étions nombreuses à manifester, soufflant aux unes et aux autres : ce…

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Auteur: Lynda-May Azibi

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