Avec son millésime 2027, Le Petit Robert fête ses 60 ans, qu’est-ce que cela représente ?
Je pense que Le Robert a su traverser les époques, ce qui était l’objectif de Paul Robert quand il l’a créé. Dans les années 1950, il est parti du constat qu’il manquait un bon outil de langue française. Il existait à l’époque le Littré, très détaillé mais plus mis à jour depuis la fin du XIXe siècle, et le Larousse, un bon ouvrage mais qui est un dictionnaire de choses, encyclopédique, donc qui ne décrit pas vraiment la langue dans le détail.
Paul Robert veut alors créer un dictionnaire actuel de la langue, telle qu’elle se parle au quotidien, avec une analyse linguistique fine, des synonymes, des étymologies, et un réseau de liens qui entraîne d’un mot à l’autre. À sa sortie en 1967, Le Petit Robert reçoit beaucoup d’éloges… mais aussi quelques critiques. Maurice Druon, de l’Académie française, reprochera à Robert de « ramasser les mots dans le ruisseau », parce qu’il y a des mots familiers, vulgaires, des insultes… Je suis toujours convaincue qu’il n’y a pas de mauvais mots. Si les mots sont employés par les gens, c’est qu’ils leur sont utiles.
Pourquoi elle
Narcomicide, proxy, bibimbap, texturer ou matrixer… À chaque mois de mai, l’arrivée de mots nouveaux dans le dictionnaire est l’occasion d’un marronnier. « Marronnier (n.f) : Argot de la presse. Sujet rebattu qui reparaît régulièrement (comme la floraison des marronniers d’Inde, au printemps) ».
Et si le millésime 2027 était l’occasion de rencontrer Géraldine Moinard, la lexicographe et directrice de la rédaction des dictionnaires Le Robert pour fêter dignement les 60 ans de la publication du célèbre Petit Robert, longtemps marqué par la figure tutélaire d’Alain Rey ? Amoureuse et…
Auteur: Recueilli par Stéphane Bataillon

