Certains médias lui trouvent un air de Sean Penn. D’autres de Patrick Dempsey, le bien connu Docteur Mamour de la série Grey’s Anatomy. Mais pour les créatures des abysses, son visage est avant tout celui de la destruction.
Veste en cuir, chevelure savamment coiffée-décoiffée, Gerard Barron n’a pas la dégaine type des patrons d’entreprises minières. Le quinquagénaire natif d’Australie est pourtant à la tête d’une des plus en vue, et probablement des plus risquées : The Metals Company. Basée à Vancouver (Canada), cotée au Nasdaq (la bourse étasunienne), l’entreprise est l’un des fers de lance de l’exploitation des abysses, aux côtés de la Britannique UK Seabed Resources et de la Belge Global Sea Mineral Resources.
Lancée en 2011 sous le nom de DeepGreen Metals, rebaptisée en 2021, l’entreprise a investi plus de 600 millions de dollars (511 millions d’euros), depuis sa création, afin d’extraire un jour du ventre de la mer des centaines de millions de tonnes de nodules polymétalliques, des galets de la taille d’une patate riches en cobalt, nickel, cuivre et manganèse. L’exploitation de la zone de Clarion-Clipperton, une immense zone de fracture géologique au beau milieu du Pacifique, lui rapporterait selon ses estimations plus de 30 milliards de dollars (26 milliards d’euros) en vingt-cinq ans.
Pour ce faire, The Metals Company a d’abord noué — tel que le préconise l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) — un partenariat avec l’État de Nauru, île micronésienne laissée exsangue par l’exploitation de son phosphate. Las ! Conspuant la prétendue « lenteur » des négociations internationales en cours pour mettre au point un Code minier, Gerard Barron a opté pour le passage en force.
Fin mars, son entreprise révélait négocier avec l’administration Trump afin de démarrer ses machines excavatrices au plus vite. Un mois plus tard, le président étasunien
Auteur: Hortense Chauvin

