Raisons budgétaires, manque de personnel, évolution des pratiques médicales… Les 2976 hôpitaux publics et privés français ont fait l’objet de la fermeture de près de 40 000 lits d’hospitalisation complète en 10 ans. Des dizaines de petits hôpitaux ont fermé, tout comme des maternités et des services hospitaliers mal équipés ou déficitaires. En parallèle, le nombre de places d’hospitalisation a progressé de près de 2 % grâce notamment à l’hospitalisation partielle et à l’hospitalisation à domicile, en hausse de 16 % entre fin 2019 et fin 2020 pour atteindre 240 000 séjours. La moitié seulement de cette hausse s’explique par le coronavirus. Si la courbe s’est infléchie en 2021, les pouvoirs publics se sont donné pour feuille de route de développer plus encore cette approche des soins.
Avec pareilles évolutions, l’organisation des soins mobilise de multiples intervenants professionnels rendant leur coordination essentielle. L’injonction à cela de la part des pouvoirs publics semble de plus en plus forte au moment où le système de santé doit faire face à d’importantes contraintes comme le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques et l’importance de contenir le déficit de l’assurance maladie qui pourrait doubler d’ici trois ans.
Plusieurs acteurs du système de santé ont déjà intégré dans leurs pratiques une fonction de coordination. En complément des professionnels de santé intervenant à domicile se développent également des dispositifs d’appui à la coordination (DAC) ou des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). L’organisation de ce système dense semble néanmoins difficile car il paraît peu lisible. Il reste par ailleurs cloisonné avec notamment la persistance de frontières entre les soins de ville et hospitaliers, entre les professionnels médicaux, paramédicaux et sociaux.
Cinq ans d’expérimentation
Pour en…
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Auteur: Cécile Dezest, Docteure en sciences de Gestion, Université de Pau et des pays de l’Adour (UPPA)

