Les débats auront été passionnés, parfois virulents, et quelques noms d’oiseaux auront même été lâchés dans l’hémicycle. Le Sénat est venu à bout, dans la nuit de jeudi à vendredi, de l’examen du projet de loi d’urgence agricole après quatre jours de séance publique. Les sénateurs ont largement adopté ce texte – par 219 voix pour et 111 contre – présenté comme la réponse du gouvernement aux doléances du monde agricole lors des dernières séquences de mobilisation, notamment cet hiver. Mais au fil du parcours législatif, une partie du projet de loi a fini par échapper à l’exécutif ; déjà lors de son passage à l’Assemblée nationale, début juin, il avait été enrichi de plusieurs dizaines d’articles, brassant désormais des thèmes aussi larges que la souveraineté alimentaire, la gestion de la ressource en eau, la concurrence déloyale, la préservation des terres agricoles ou encore la restauration collective.
Au Sénat, sous l’impulsion de la droite et de ses alliés centristes, de nombreuses mesures visant à renforcer les moyens de production à la main des exploitants ont été votées. Elles concernent notamment les capacités de stockage de l’eau à usage agricole ou l’utilisation, à titre dérogatoire, de certains produits phytosanitaires jusqu’ici proscrits. La gauche s’y est fermement opposée, dénonçant de nombreux « reculs écologiques », tandis que le gouvernement a marqué sa…
Auteur: Romain David

