Dans le langage mesuré de la Cour des comptes, c’est le véritable signe d’une exaspération. « J’aimerais faire part, non pas de ma mauvaise humeur, mais de ma très mauvaise humeur, s’agissant des suites, ou plutôt de l’absence ou de la quasi-absence de nos recommandations et analyses », s’est exclamé Pierre Moscovici, face aux journalistes, ce 16 avril. Le premier président de la Cour des comptes a ensuite réitéré ses mots devant les députés de la commission des finances au cours de la matinée.
La raison de cette mauvaise humeur : les conditions dans lesquelles ses équipes ont dû travailler sur la validation des comptes de l’État. « Pour la 19e année consécutive, les comptes de l’État ne sont pas en mesure d’être certifiés sans des réserves très significatives », a reproché le premier président de la Cour des comptes, dénonçant le « refus persistant de l’administration d’appliquer les principes et normes comptables communément acceptés ». L’institution de la rue Cambon déplore « 5 anomalies significatives », autrement dit des comptes sous-évalués ou surévalués « sur plusieurs milliards d’euros », mais aussi 11 insuffisances ou incertitudes, sur lesquelles les magistrats financiers ont été incapables de « réconcilier les chiffres ».
« Ce n’est pas sérieux ! »
Dans ces conditions, la Cour s’interroge sur l’attitude à adopter lors des prochains exercices budgétaires, si ses…
Auteur: Guillaume Jacquot

