Giga incendie au Chili : l'industrialisation des forêts pointée du doigt

Chili, correspondance

« Quand je suis arrivée dans mon quartier, construit sur les collines du bord de mer, tous les voisins observaient la colonne de feu qui se dirigeait tout droit vers nous », raconte Relmu Color, une jeune femme qui vivait au deuxième étage d’un immeuble complètement calciné à Lirquen.

Samedi 17 janvier après-midi, sous un soleil de plomb et de fortes rafales de vent, des incendies forestiers ont été intentionnellement déclenchés dans la région de Biobio, à quelques kilomètres des villes côtières. Une vingtaine d’incendies sont encore actifs et la commune de Penco-Lirquen est, à ce jour, la plus touchée. « Vers minuit, les feux se sont emparés des quartiers situés à la lisière des plantations forestières », poursuit Relmu Color, jointe par téléphone par Reporterre.

Certains habitants ont essayé de freiner l’avancée des flammes avec des tuyaux d’arrosage, mais Relmu a préféré s’enfuir. « J’ai réussi à m’échapper par un escalier cerné par les flammes qui descend la colline », décrit-elle, la gorge nouée. « Nous nous sommes réfugiés sur la plage mais l’air était irrespirable donc nous sommes montés dans un bus pour aller chez ma sœur qui vit à Concepción », la grande ville voisine.

Bilan : 20 morts, 50 000 personnes évacuées, 6 700 sinistrés, 800 maisons en cendres et 45 000 hectares brûlés.

« Je n’y crois toujours pas », s’attriste Relmu. « Tous les ans, il y a des incendies forestiers mais jamais nous aurions pu imaginer une telle ampleur. » Elle exprime sa colère envers les entreprises forestières qui n’ont pas installé les coupes-feu nécessaires — des bandes de végétation entretenues — pour éviter cette catastrophe. Son hypothèse, soutenue par des ONG écologistes comme Corporación Parque para Penco, est que ces incendies ont été déclenchés pour aider des industriels à créer un projet minier de terres…

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Auteur: Marion Esnault

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