Souvenez-vous. Le mouvement des gilets jaunes, lancé en novembre 2018, dure déjà depuis plus de deux mois. Un « acte » après l’autre, une mobilisation, chaque samedi après l’autre. Sans doute bien conseillé, Emmanuel Macron a l’idée de lancer un « grand débat national », du 15 janvier au 15 mars 2019, afin de mieux connaître les volontés des citoyen·nes français·es. Un grand nombre de mairies mettent alors à disposition de leurs administré·es des « cahiers de doléances » où toutes et tous sont invités à rédiger leurs souhaits, leurs revendications, leurs colères éventuellement, en ce moment de crise qui secoue le pays.
Près de 20 000 « cahiers citoyens » furent noircis, rassemblant 217 910 contributions individuelles, sans oublier près de 30 000 courriers environ adressés directement à l’Élysée ou à Matignon. Soit près de 250 000 contributions de citoyen·nes, qui ont pris le temps et la plume pour exprimer leurs doléances, dans un vrai moment de participation démocratique, assez inédit depuis leurs lointains ancêtres de 1788. Or, contrairement à l’engagement pris par le président de la République, leur mise en ligne sur internet, donc leur publicité avec les technologies de notre époque, n’a jamais été effective. À tel point que, dès 2020, certains médias commencent à parler de « cahiers camouflés ».
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Mais que contenaient-ils donc ? Il ressort que, contrairement aux affirmations de certains préfets, ce n’est pas tant « une bouffée de colère » qui s’y est exprimée, mais bien « la volonté d’avoir son mot à dire, en particulier sur la répartition des ressources ». La justice sociale et le pouvoir d’achat, la…
Auteur: Olivier Doubre

