«Violences policières partout, coupables nulle part» : les enquêteurs prétendent qu’ils n’ont pas pu identifier le tireur, affaire classée
1er décembre 2018, Paris. C’est l’acte III des Gilets Jaunes, une gigantesque marée fluorescente envahit la capitale et ses lieux de pouvoir. Le gouvernement tremble. Franck Didron, 20 ans à l’époque, prend le train depuis la Haute-Marne pour manifester à Paris. Travailleur pauvre, il explique ses motivations : «Les fins de mois pour moi c’était la merde, j’avais beaucoup trop de mal à les finir» et rejoint le mouvement pour «des raisons de pouvoir d’achat». C’est sa première manifestation. Alors qu’il se trouve au milieu d’un groupe calme, loin des affrontements, il reçoit un projectile en plein visage. Un CRS vient de lui tirer dessus en pleine tête avec un LBD. Il est laissé au sol, inconscient et très gravement blessé. Franck perd l’usage de son œil droit, il est mutilé à vie.
Plus de 7 ans ont passé, et le jeune homme s’est armé de patience, en attendant l’avancée de la procédure judiciaire. Fin 2025, le parquet a annoncé un «non-lieu». Des mots qui sonnent comme une nouvelle violence. «Non-lieu», comme si la mutilation de Franck n’avait jamais eu lieu. Officiellement, la justice prétend qu’elle a été incapable de retrouver l’identité du tireur.
C’est désormais la principale cause d’impunité policière. En plus des procédures à rallonge qui empêchent toute reconstruction, les policiers qui mutilent et tuent ne sont presque jamais retrouvés. La police des police et la justice mènent des enquêtes bâclées, ne font aucune recherche sérieuse et peuvent ensuite classer les affaires car elles n’ont pas pu retrouver le policier auteur des violences. Et pour cause, les forces de l’ordre sont désormais massivement cagoulées, les matricules ne sont jamais présents ou alors à peine visibles, et l’usage des…
Auteur: B

