« Je suis Gisèle Halimi. Nous sommes des millions et des millions, nous irriguerons les déserts du silence de la solitude. Nous planterons des forêts de la sororité le long des routes humaines et nous ne disons pas demain mais aujourd’hui. Nous ne disons pas c’est possible mais aujourd’hui. Nous sommes ici plusieurs centaines et dehors des millions et sur terre des milliards. Ici choisir. Femmes, sœurs, amies, notre marche fera reculer l’horizon. Vous avez la parole. Nous avons la parole (1). »
Passage du discours « Moitié d’une page encore jamais lue… », dans Quel président pour les femmes ?, Gallimard, 1981.
ESTELLE : D’accord. Bah déjà, merci infiniment de la donner. Je vous admire beaucoup Gisèle. À tel point que je vais faire un spectacle sur vous. Je vais carrément vous incarner pendant une heure et demie. Parce que je vous trouve trop belle, parce que vous tirez le continent humain, parce que vous avez fait que ça, niquer la fatalité. Parce qu’il faut que le monde entier entende votre voix. Parce que j’aurais tant voulu vous connaître, parce que je vous choisis comme grand-mère rêvée. Comme talisman à ma vie.
GISÈLE : Quelle déclaration ! Mais on ne se connaît pas. Vous êtes au courant que je suis morte ?
ESTELLE : Oui, mais vous savez, moi je ne crois pas à la mort. Pour moi, vous avez simplement déménagé. Donc, à votre déménagement, je me suis rendu compte que je ne vous connaissais pas. Alors j’ai acheté Une farouche liberté, votre dernier livre, j’adorais le titre et là…
GISÈLE : Là ?
ESTELLE : Ben je vous ai trouvée plus moderne que moi, plus libre, en avance. Un rythme cardiaque qui secouait mon sang. Lui donnait le droit de bouillonner. Depuis, j’ai tout…
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