Gâvres (Morbihan), reportage
Sous un beau soleil de novembre, une vingtaine de personnes marchent dans les pas d’Akira Lavault sur le sentier côtier qui fait le tour de la presqu’île de Gâvres. La trentenaire, fondatrice du tiers-lieu écolo Maison Glaz installé à deux pas, anime ce matin une « lecture climatique du paysage ». Depuis trois jours, conférences et ateliers pratiques se succèdent dans cette commune de 650 habitants dans le cadre de l’événement « Glaz Go ! », pensé comme le « off » breton de la COP26. « Si tu ne vas pas à Glasgow, c’est Glasgow qui vient à toi ! » annonce l’affiche de l’événement.
Dos à la mer, la jeune femme décrit à un auditoire concentré l’effet à venir du dérèglement climatique sur le littoral. « D’après Christophe Cassou, membre du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), qui est venu faire une conférence ici en juin, les grosses tempêtes, les Xynthia, les “centennales”, pourraient connaître des récurrences beaucoup plus élevées, tous les 2 à 5 ans. » L’information fait réagir. « Ho pétard ! » laisse échapper une participante. Tous les Gâvrais présents ont à l’esprit les dégâts causés en 2008 par la tempête Johanna, qui avait rompu une digue et inondé un quart de la commune.
Akira Lavaut explique que les grosses tempêtes vont devenir plus régulières avec le changement climatique. © Elsa Gautier / Reporterre
Plus loin dans la balade, montrant l’étroit cordon dunaire qui relie Gâvres au continent, Akira Lavault rappelle que tout le trait de côte a fait ici l’objet d’aménagements. Les « infrastructures grises », en béton, se sont succédé au fil des décennies pour protéger la route, parfois avec un effet inverse lorsqu’elles accélèrent le creusement de la dune. Mais dans le cas d’une élévation d’un mètre du niveau de la mer, prévue à la fin du siècle par le scénario pessimiste du Giec, Gâvres redeviendrait… une île.
La presqu’île est ainsi un « territoire témoin », souligne Akira Lavault, où l’effet du changement climatique est directement perceptible, « un peu comme la montagne sans neige ». Maison Glaz, lieu pensé comme « un camp de base au service de l’action climatique », ne s’est pas installé là par hasard. Depuis 2018, avec le soutien de la mairie, cet ancien centre de vacances militaire accueille un espace de travail partagé, une buvette, quelques cabanes dédiées au tourisme durable et une entreprise d’insertion….
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Auteur: Reporterre

