La campagne de Raphaël Glucksmann ressemble à une équation politique à géométrie variable. Il revendique la gauche, mais les rapports avec le PS sont déjà tendus. Il dénonce les Insoumis, mais se rapproche d’une macronie qui lui ouvre les bras. Il prétend défendre le front républicain, mais les intentions de vote de son propre électorat interrogent : selon Odoxa, seuls 29 % de ses électeurs déclarés choisiraient Mélenchon face à Le Pen au second tour. En 2022, ils étaient 42 % parmi les électeurs de Mélenchon à avoir voté Macron pour faire barrage à l’extrême droite. Ces chiffres ne démontrent pas à eux seuls un lien de cause à effet, mais ils éclairent une contradiction majeure. Quand on consacre son énergie à disqualifier une partie de la gauche, tout en cultivant les rapprochements avec les macronistes, on peut difficilement faire comme si la question du barrage républicain ne se posait pas. À force de vouloir une gauche sans Mélenchon, Glucksmann risque surtout de passer à côté de la question essentielle : empêcher Le Pen de gagner.
Auteur: Le Média
