Le résultat dit malheureusement une chose : une partie de la gauche sociale-démocrate a choisi de tourner le dos à Mélenchon. Mais quelque 70 000 voix dans une primaire qui a réuni 120 000 votants, taillée sur mesure pour Raphaël Glucksmann, ne sauraient tenir lieu de verdict de toute la gauche, quand Mélenchon revendique déjà près de 450 000 soutiens. Le patron de Place publique a gagné une primaire mais il n’a pas reçu mandat de toute la gauche. Loin de là !
Il lui faudra expliquer et surtout assumer comment constituer une majorité sans l’une des principales composantes de la gauche.
Et l’histoire devrait inviter à la prudence. Anne Hidalgo avait elle aussi fait de sa différence avec Mélenchon un marqueur central de sa campagne présidentielle. Cette stratégie ne lui avait pas porté chance. Si Glucksmann entend faire de sa victoire la validation définitive d’une ligne excluant toute alliance avec LFI, il lui faudra expliquer et surtout assumer comment constituer une majorité sans l’une des principales composantes de la gauche.
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Le coup est toutefois rude pour Olivier Faure. Le premier secrétaire avait contribué à sortir le PS de l’ornière des années Hollande et à lui rendre une crédibilité de gauche, jusqu’à permettre à ses représentants de retrouver leur place dans les mobilisations sociales sans être systématiquement conspués. Le choix de Glucksmann ressemble à un retour en arrière, celui d’un parti dont la candidature présidentielle lui échappe au profit d’un mouvement extérieur, au risque d’un véritable hold-up politique de Place publique sur le PS.
Mais Faure garde une carte maîtresse, celle des finances de la campagne et, surtout, le pouvoir de…
Auteur: Pierre Jacquemain
