La menace que l’on croyait contenue est de retour. Après plus d’une décennie de reflux, les pirates somaliens multiplient de nouveau les détournements dans le golfe d’Aden et l’ouest de l’océan Indien, profitant d’un espace maritime où s’entrecroisent désormais piraterie, tensions régionales et trafics sous sanctions.
Le dernier assaut remonte au jeudi 20 août. Six hommes armés ont pris le contrôle du Seamull, battant pavillon érythréen selon la presse, à environ 250 kilomètres à l’est d’Al-Mukalla, au Yémen, avant de contraindre le pétrolier à mettre le cap sur la Somalie. Une vingtaine de marins se trouvaient à bord, dont 16 ressortissants indiens.
Avec cette capture, six navires sont désormais aux mains de pirates ou de groupes armés dans la région depuis le mois d’avril. Plus de 90 marins sont retenus en otage, selon l’OMI.
« J’exige la libération immédiate et inconditionnelle de toutes les personnes détenues », a déclaré lundi le chef de l’agence onusienne, Arsenio Dominguez. « Aucun marin ne devrait être victime de violences, d’intimidations ou d’exploitation simplement parce qu’il fait son travail et contribue à faire avancer le commerce mondial ».
Deux détournements en quatre jours
L’attaque du Seamull est intervenue trois jours seulement après celle du Lutuf, un cargo battant pavillon camerounais, capturé lundi 17 août à quelques milles des côtes du Puntland, région semi-autonome du nord-est de la Somalie. Huit hommes armés ont pris le contrôle du bâtiment et l’ont conduit vers la côte, selon la presse. A son bord se trouvaient 10 membres d’équipage, dont six Indiens, ainsi qu’un ressortissant turc, un Géorgien et deux gardes de sécurité serbes.
Ces deux détournements rapprochés prolongent une série commencée au printemps. Ils inquiètent d’autant plus que les pirates opèrent désormais loin des côtes somaliennes. Le Seamull naviguait à 136 milles…
Auteur: Nations Unies FR
