Chaque année, le Golfe de Gascogne est le théâtre d’une sanglante hécatombe. On estime que 9 000 dauphins communs y meurent par capture accidentelle, un nombre bien trop supérieur au seuil de 4 900 à partir duquel la population de cétacés est mise en péril, selon le CIEM, l’organisme scientifique international de référence.
C’est pourquoi les associations Sea Shepherd France, France Nature Environnement, Défense des Milieux Aquatiques et la LPO se sont battues en justice pour faire respecter les recommandations scientifiques, et fermer la pêche temporairement l’hiver. Validée par le Conseil d’Etat, la pêche a été suspendue dans le golfe de Gascogne du 22 janvier au 20 février pour tous les navires longs d’au moins 8 mètres.
Les bateaux de pêche aux techniques sélectives ont pu continuer à pêcher, mais pas ceux opérant avec des chaluts pélagiques (tirés entre deux eaux par un seul navire), de fond, en « bœuf » (tractés par deux bateaux) ; ou bien avec différentes sortes de filets, dont les sennes.
Résultat, cette mesure de protection a permis de sauver la vie de nombreux cétacés selon un premier bilan remis par l’Observatoire Pélagis (qui recense les échouages et décès chaque année) au gouvernement. 1400 dauphins auraient été tués contre 6000 en moyenne durant les précédents hivers. Toutefois, on ignore si ce chiffrage correspond au nombre de cadavres échoués qui ne représentent qu’une faible part des cétacés blessés ou tués dans les filets. Certains d’entre eux coulent au fond de l’océan plutôt que d’être rejetés sur le rivage.
« Les dauphins échoués sur un mois avec les marques de la pêche en 2023 étaient estimés à 750 environ alors que sur la même période en 2024, ce sont 150 dauphins qui se sont échoués, soit cinq fois moins. Une avancée significative et satisfaisante pour les dauphins » précise Dominique Chevillon, membre du groupe de travail…
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Auteur: Laurie Debove

