Dans un long jugement rendu le 25 juin 2026, le tribunal administratif de Paris, saisi par Sea Shepherd France, Défense des Milieux Aquatiques et France Nature Environnement, exige de l’État de mieux protéger les cétacés du Golfe de Gascogne.
Le Tribunal administratif de Paris reconnaît le préjudice écologique et condamne l’État. Il lui impose d’élaborer un véritable plan national d’actions : des fermetures de pêche réellement adaptées aux recommandations scientifiques, des caméras embarquées, des données fiables, et l’obligation de déclarer les captures. Cette injonction est assortie d’une astreinte de 15 000 euros par mois de retard.
L’objectif : éviter leur disparition d’ici quelques décennies. Chaque année, des milliers d’entre eux sont capturés accidentellement dans les filets de pêche, provoquant une hécatombe. 22 000 d’entre eux auraient ainsi péri entre 2018 et 2025.
Conséquence néfaste : en seulement 20 ans, la longévité moyenne des dauphins femelles est passée de 24 à 17 ans dans le golfe de Gascogne, mettant en danger la pérennité de l’espèce. En effet, les femelles, fertiles à partir de 7 ans, ne donnent naissance qu’à un seul petit tous les 2 à 3 ans.
Depuis 2023, les associations ont obtenu la fermeture temporaire de la pêche non-sélective, durant un mois, aux bateaux de plus de 8 mètres équipés d’engins comme des filets, des chaluts, etc. Bien qu’efficaces, les fermetures n’ont pas suffi à épargner les 1900 dauphins décédés en 2024, et 3250 en 2025 (contre 4600 en moyenne les années sans fermetures).
Face aux risques que ces captures font peser sur la survie des cétacés, le tribunal administratif demande à l’État d’aller plus loin. Afin de respecter le seuil de viabilité de l’espèce, l’État doit désormais limiter à 809 le nombre de dauphins tués par erreur chaque année, et ce, dès l’hiver 2026-2027.
Pour Pia Savart, juriste chez France…
Auteur: Laurie Debove

