Chaque hiver, les plages de l’Atlantique se transforment en cimetière marin. Des dauphins communs et des marsouins y sont retrouvés échoués après s’être pris dans des engins de pêche.
Le phénomène n’a rien d’anecdotique. Selon l’Observatoire Pelagis (CNRS), entre 5 000 et 10 000 dauphins meurent chaque année dans le golfe de Gascogne par capture dite “accessoire”. Depuis que des études existent, le cumul atteint environ 120 000 individus.
Face à l’inaction de l’État, les associations ont imposé, par le droit, une première mesure : la fermeture spatiotemporelle de certaines pêcheries à risque, du 22 janvier au 20 février, reconduite trois hivers de suite (de 2023 à 2026). Une mesure minimale, mais efficace.
L’arrêté qui encadre cette fermeture doit prendre fin cette année, mais pourrait être prolongé à la demande de plusieurs associations. Tandis que cette reconduction est en discussion, France Nature Environnement (FNE) a engagé le 22 janvier un recours en responsabilité contre l’État devant le tribunal administratif de Paris, dénonçant une gestion jugée insuffisante de la protection des cétacés.
L’ONG réclame des mesures structurelles et un plan national d’action. “Tous ces dauphins morts représentent un préjudice écologique”, explique Élodie Martinié-Cousty, membre du directoire du Réseau Océan, Mers et Littoraux de FNE.
Situés en haut de la chaîne alimentaire, les cétacés jouent un rôle clé dans l’équilibre des écosystèmes marins. Leur déclin pourrait entraîner des pertes écologiques considérables. D’autant que le marsouin commun est déjà dans un état de conservation critique.

Une mortalité diminuée de 60 %
Depuis la mise en place des fermetures spatiotemporelles, les chiffres sont sans appel. Entre décembre 2024 et mars 2025, la mortalité des dauphins a chuté d’environ 60 %.
“À l’origine, la proposition la plus ambitieuse, c’était trois mois…
Auteur: Joanna Blain

