À quoi joue Marine Le Pen ? Lors de sa rentrée politique le 9 septembre, la cheffe du Rassemblement national faisait savoir qu’elle ne censurerait pas Michel Barnier dans l’immédiat. « Nous allons mettre le futur gouvernement sous surveillance », affirmait l’élue. Avec cette mise en garde, peut-être pas suffisamment prise en compte par les Macronistes : « Nous n’accorderons pas de blanc-seing. Si, au fil des semaines, les Français devaient à nouveau être oubliés ou maltraités, nous n’hésiterons pas à censurer le gouvernement. »
L’Élysée scrute chaque prise de parole du RN sur les nominations potentielles.
Officiellement, le RN ne fait pas peur à Emmanuel Macron, qui s’est assuré que le parti d’extrême-droite ne censurerait pas d’office un gouvernement Barnier, lors d’un entretien Marine Le Pen, selon Le Monde. Une stratégie risquée, loin de faire l’unanimité en Macronie. « On donne bien trop d’importance au RN », s’agace le député EPR (Ensemble pour la république, ex-Renaissance) Ludovic Mendes auprès de Politis, pour qui le deal du chef de l’État est une « erreur stratégique ». « Madame Le Pen ne cherche qu’une seule chose, destituer le président pour prendre le pouvoir, comme LFI », ajoute l’élu de Moselle.
« Le RN ne fait pas partie de l’équation », affirme un peu vite en off le conseiller d’un éminent ministre démissionnaire, qui tente de minimiser l’action du parti d’extrême-droite. En réalité, l’Élysée scrute chaque prise de parole du RN sur les nominations potentielles, selon nos informations. Dernière victime en date du veto RN, Gérald Darmanin, qui a annoncé lui-même ce vendredi qu’il ne redeviendrait pas ministre sous le gouvernement Barnier.
« Emmanuel Macron n’était pas contre garder Gérald mais Alexis Kohler (le secrétaire général de l’Elysée, NDLR) et Barnier ont mis leur veto »,…
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Auteur: Nils Wilcke

