« Est souverain celui qui décide de l’état d’exception. » C’est ainsi qu’Emmanuel Macron cite en allemand une phrase du juriste nazi Carl Schmitt lors d’une discussion avec Arié Alimi. Depuis son élection en 2017, le président multiplie les provocations. L’état d’exception, c’est sa préférence. Lors du covid, tous les conseils des ministres étaient précédés d’un conseil de défense à huis clos.
Le Nouveau Front populaire va-t-il gouverner ? Après la réélection de Yaël Braun-Pivet, si c’est le cas, ce sera dans l’adversité, car Macron continue sa stratégie du chaos pour mieux préserver son pouvoir. Le sursaut des forces progressistes de gauche et écologistes a eu lieu avec la création du NFP, mais cela reste insuffisant pour réaliser la bifurcation géopolitique, écologique et économique indispensable pour répondre aux crises actuelles. Il faut sortir de l’instabilité créée en permanence par Emmanuel Macron tout en résistant à la peste émotionnelle qui alimente le Rassemblement national.
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La première instabilité, constitutionnelle, va peut-être accélérer le passage à la VIe République, comme lors de la crise de 1958 qui a conduit à la Ve. Alors que le camp présidentiel s’est écroulé lors des législatives, comment peut-on continuer à avoir la même présidente de l’Assemblée nationale et le même premier ministre ? Comment un président peut-il continuer à gouverner sans contre-pouvoir ? Créer le chaos institutionnel avant les Jeux olympiques et paralympiques pour ensuite s’appuyer sur ceux-ci pour préserver son pouvoir est dans la logique schmittienne de l’état d’exception.
La deuxième instabilité est…
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Auteur: Jérôme Gleizes

