Nous ne vivons pas une crise passagère mais l’installation durable d’un régime de régression assumée, intellectuellement pauvre, politiquement violent, écologiquement suicidaire : Lahoucine Duvaast souhaite et pronostique ici un joyeux 2026 qui confirmera ces 3 ou 4 décennies de ballon d’essai.
« Que les choses suivent leur cours, voilà la catastrophe »
Walter Benjamin, Thèses sur le concept d’histoire (1940)
Pour 2026, gouverner la chute consistera à administrer l’irréversible en le présentant comme modernisation, à transformer l’effondrement en politique publique et la barbarie en rationalité gestionnaire ; à l’échelle mondiale, le moteur reste le néolibéralisme autoritaire, élaboré par les cyniques Hayek et Friedman, puis converti en dogme par les crapules corrompues du FMI, de la Banque mondiale et l’OMC. Ajustements structurels, dérégulations, privatisations, endettements forcés, destructions des services publics : ces politiques ont produit des sociétés épuisées, désocialisées, parfaitement gouvernables par la peur et la dette.
Sur ce terrain prospèrent les figures contemporaines de l’extrême droite globale, de Donald Trump à Jair Bolsonaro, de Viktor Orbán à Giorgia Meloni, qui protègent le capitalisme global par l’autoritarisme, la brutalisation symbolique et la désignation permanente d’ennemis intérieurs. La barbarie est une technique de stabilisation.
Sur le plan climatique, la mascarade est achevée, les rapports successifs du GIEC sont connus, documentés, traduits, puis neutralisés. L’Accord de Paris fonctionne comme un paravent moral sans contrainte réelle, l’écocide n’est pas une dérive, il est intégré comme paramètre économique. Le monde gouvernant a accepté la destruction de l’habitabilité terrestre comme coût marginal.
Anthropologiquement, nous entrons dans ce que Michel Foucault nommait une gouvernementalité intégrale : production de sujets…
Auteur: dev

