« …si nous avons été vaincus, nous ne pouvons rien faire d’autre que recommencer depuis le début » F. Engels
Le rideau est tombé et, avec lui, se clôt la scène inaugurale du premier gouvernement progressiste en Colombie. Comme prévu, les analyses prolifèrent et la majorité insiste sur la notion de « polarisation » pour expliquer l’évident « match nul électoral ». Nous, en revanche, préférons recourir à l’expression gramscienne d’« équilibre des forces de perspective catastrophique » pour nommer une situation de déséquilibre où — cette parité —, avant d’annoncer une stabilisation, une légitimation et une régulation, opère comme un symptôme anticipé d’une crise qui demeure à l’état latent.
Par conséquent, le propos de cet écrit consiste à réfléchir sur la question de savoir si le revers électoral exprime l’achèvement d’une forme « provisoire » de gouvernement ou si, au contraire, il ouvre un nouveau moment pour conquérir d’autres équilibres de forces ; non seulement dans le but de préserver le désir de changement, mais surtout pour impulser une reconfiguration profonde de « l’instrument » qui devra préparer le terrain pour les grandes luttes à venir.
Pour ce faire, nous proposons deux interrogations centrales : peut-on lire la clôture du mandat progressiste comme un « gouvernement provisoire » ? Et, dans l’affirmative, cette expérience peut-elle offrir — en dehors de ses leaderships bureaucratisés — une base suffisante pour développer et produire des événements inattendus ?
Pour aborder ces questions, nous introduisons la notion de « gouvernement permanent » comme outil pour penser à ce qui se perd, mais aussi à ce qui peut être gagné, en dépit du désastre subi lors du second tour de l’élection présidentielle.
À cette fin, notre hypothèse soutient que nous n’assistons pas seulement à l’aboutissement d’une direction alternative ni…
Auteur:

