Souvent décrit comme un bastion de biodiversité, l’Hexagone offre un tableau bien plus nuancé dans le nouveau rapport du WWF, “La biodiversité en France, entre déclins et espoirs”, publié le 9 décembre. L’érosion du vivant frappe tous les milieux. Pourtant, lorsque la protection est durable, les espèces se redressent. En métropole, celles bénéficiant d’un statut de protection affichent une hausse de 120 % depuis 1990. Un rebond significatif, malgré l’ampleur des pertes.
Le pays figure toujours parmi les plus riches en biodiversité, porté par la diversité de ses climats, la variété de ses paysages et son vaste espace maritime. Mais il figure aussi au sixième rang mondial pour les espèces menacées. Quatre milieux concentrent la crise : champs, zones humides, forêts et océans. Tous sont dégradés, artificialisés, fragmentés. Avec eux disparaissent des espèces autrefois si communes qu’on les pensait inébranlables.
Dans les campagnes, 70 % des haies ont été arrachées depuis les années 1950. Cette hémorragie a provoqué l’effondrement du moineau friquet (-91 % en vingt ans) et le recul brutal du vanneau huppé (-71 % depuis 2001). L’intensification agricole, les pesticides et la disparition des bocages ont vidé ces paysages de leur petite faune.
Des forêts encore trop jeunes : 79 % ont moins de 100 ans
Les zones humides, elles, ont perdu la moitié de leur surface en un siècle. Pourtant, ces milieux sont de véritables filtres naturels : ils épurent l’eau, stockent le carbone et amortissent les crues. Dans leur sillage s’effondrent les espèces qui en dépendent. Le brochet a reculé de 30 %, le canard siffleur a vu disparaître près de 50 % de ses effectifs depuis la fin des années 1960. Et le butor étoilé s’est effondré… de 75 % depuis 1996.
Quant aux forêts françaises, elles ont doublé de surface depuis la fin du XIXe siècle mais restent majoritairement jeunes : 79 % ont moins de 100…
Auteur: Joanna Blain

