Grand âge et perte d’audition : le manque de dépistage finit par coûter cher


L’ESSENTIEL

  • La perte auditive, qui survient avec l’âge, reste insuffisamment dépistée et prise en charge.

  • Les données montrent pourtant clairement que le fait de porter des appareils auditifs prévient les chutes ainsi que le déclin cognitif.

  • Ne pas suffisamment prendre en charge la question de l’audition dans les politiques du grand âge a un coût sanitaire, mais aussi économique.


Longtemps reléguée au rang des « petits maux » du vieillissement, la perte auditive est encore trop souvent perçue comme une gêne inévitable. Pourtant, chez les personnes âgées, ses effets dépassent largement la seule difficulté à entendre : elle peut compromettre l’autonomie, fragiliser la sécurité au quotidien et altérer la qualité des soins.

Et, comme souvent en santé publique, les réponses existent, qu’elles soient techniques, cliniques ou organisationnelles. C’est leur intégration dans les parcours de prise en charge qui fait défaut, en particulier en établissement médico-social.

Un fardeau sanitaire… et économique

La prévalence de la perte auditive augmente fortement avec l’âge. Elle est de l’ordre d’un tiers autour de 65-75 ans et atteint environ une personne sur deux aux âges les plus avancés (80 ans et plus), selon des données européennes. Cette progression est également observée en France dans la cohorte CONSTANCES, où la prévalence de la perte auditive dépasse 60 % chez les 71–75 ans.

Les conséquences sont non seulement individuelles, mais aussi collectives : une perte auditive non prise en charge peut entraîner des difficultés de communication, des malentendus dans les consignes de soin, un repli social, un état dépressif, un déclin cognitif plus rapide ainsi que des troubles de l’équilibre et un risque accru d’accidents.

Elle génère ainsi des coûts directs pour le système de santé, mobilise du temps et de l’énergie pour les proches, et entraîne surtout une perte de…

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Auteur: Laurence Hartmann, Maîtresse de conférences en sciences économiques – Economiste de la santé, laboratoire LIRSA EA4603, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)