Donald Trump n’est pas le premier président des États-Unis à lancer de grands travaux à la Maison Blanche. Mais il existe une différence fondamentale entre les rénovations précédentes, dont les finalités étaient essentiellement fonctionnelles, et son projet d’immense salle de bal, reflet d’une vision très personnelle du décorum lié à la fonction présidentielle…
À l’orée de son second mandat présidentiel, Donald Trump a exprimé le souhait de doter la Maison Blanche d’un espace architectural inédit : une salle de bal destinée à accueillir des réceptions officielles, des dîners d’État et des événements diplomatiques de haute tenue.
Ce projet s’inscrit dans une longue tradition de réaménagements présidentiels, mais en déplace sensiblement la finalité. Le dispositif envisagé consisterait en l’édification, à la place de l’East Wing (l’aile orientale du complexe de la Maison Blanche), en cours de destruction, d’un espace d’environ 8 500 mètres carrés, conçu dans un style néoclassique afin de ne pas rompre avec l’esthétique originelle du bâtiment pensé par James Hoban à la fin du XVIIIᵉ siècle.
Trump n’est pas le premier président des États-Unis à ordonner un aménagement d’envergure du célèbre bâtiment. Depuis son achèvement en 1800, la Maison Blanche n’a cessé d’être transformée pour répondre aux exigences politiques, technologiques ou symboliques du moment. Thomas Jefferson (1801-1809) fit construire les premières terrasses et agrandir le bâtiment, Ulysses S. Grant (1869-1877) introduisit des commodités modernes, Theodore Roosevelt (1901-1909) décida de séparer espaces domestiques et professionnels en créant la West Wing en 1902, Harry S. Truman (1945-1953) entreprit une rénovation structurelle majeure entre 1948 et 1952.
Les modifications successives ont toujours été envisagées comme des réponses à des nécessités fonctionnelles ou…
Auteur: Frédérique Sandretto, Adjunct assistant professor, Sciences Po

