Grasset : la fascisation à l’ouvrage

Telle une pieuvre tentaculaire, Vincent Bolloré étend son emprise, cette fois-ci sur les éditions Grasset. Mais d’emblée un point d’histoire est nécessaire. Novembre 2023 : le groupe du milliardaire, Vivendi, prend le contrôle de Lagardère Publishing, numéro un de l’édition en France avec Hachette livre. Dans son escarcelle tombent ainsi de nombreuses maisons dont Grasset, Fayard, Stock, Lattès, Calmann-Lévy, Armand Colin, Larousse…

Dès lors, au vu de ses pratiques avec les médias qu’il a rachetés, une menace de redressement idéologique plane sur toutes ces sociétés. Pourquoi en serait-il autrement ? Pourquoi l’industriel catholique ne profiterait-il pas du prestige dont jouissent ces maisons pour prolonger son offensive politique ? Le pdg d’Hachette, Arnaud Nourry, n’en avait-il pas fait les frais de manière anticipée en étant brutalement démis de ses fonctions deux ans plus tôt par Arnaud Lagardère comme gage donné à Bolloré ?

Pour autant, les prises de position des écrivains liés désormais à Vivendi sont rares. On fait le dos rond (ou l’autruche) : c’est avec un éditeur ou une éditrice qu’on a tissé des liens de travail, pas avec un groupe. Et tant que ce professionnel est en place…


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Puis la fascisation de Fayard a lieu, avec pour étendard Éric Zemmour et son éditrice Lise Boëll, désormais PDG de cette maison, suivis de fleurons de la réaction dont nous nous épargnerons la liste nauséabonde. C’est aujourd’hui au tour de Grasset – on imagine l’angoisse qui doit être de mise aujourd’hui chez Calmann-Lévy, où publie Pierre Lemaître, ou chez Stock, dont les dernières nouveautés comptent les livres de…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Christophe Kantcheff

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