Greenpeace : « Les pétroliers veulent nous faire disparaître »

L’ONG internationale Greenpeace affronte la tourmente, à différents endroits du globe. Répression de ses militants, fermeture de ses bureaux en Russie, sanction financière record aux États-Unis… La situation qu’elle traverse donne le pouls de l’époque pour les écologistes.

Le moment est charnière et nécessite un repositionnement stratégique. Comment parler de climat en pleine guerre ? Comment faire face à l’extrême droite ? Et surtout comment cultiver l’espoir dans un monde de plus en plus chaotique ? Reporterre a échangé avec Clara Jamart, codirectrice des programmes à Greenpeace France. L’occasion de rappeler que la lutte écologiste, même si son issue est incertaine, reste majeure et indispensable.


Reporterre — Comment votre organisation fait-elle face au procès qu’elle subit aux États-Unis et à l’amende record qu’on lui intime de payer ?

Clara Jamart — : Les entités de Greenpeace poursuivies (Greenpeace aux US et Greenpeace International) contestent le jugement et vont demander un nouveau procès. Si ce n’est pas possible, une demande d’ appel sera faite. Il faut médiatiser cette situation. La société américaine Energy Transfer cherche à intimider la société civile, c’est un exemple emblématique d’une procédure-bâillon. 345 millions de dollars de dommages et intérêts, c’est près de neuf fois le revenu annuel de Greenpeace aux États-Unis. Ils veulent nous faire disparaître.

D’ailleurs, cette attaque ne vise pas seulement ces entités de Greenpeace. C’est un avertissement envoyé à toute la société civile. Ils veulent épuiser financièrement et moralement les organisations et empêcher de continuer les campagnes qui pointent les responsabilités des grandes entreprises pétrolières dans la crise climatique.

Le combat continue. Aux Pays-Bas, où elle a son siège, Greenpeace International a saisi la législation européenne contre les procédures-bâillons. Le…

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Auteur: Gaspard d’Allens

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