Grève du 5 novembre : ce que le mouvement social peut gagner

« C’est rare dans une mobilisation interprofessionnelle qu’on puisse affirmer que si la grève est forte on pourra gagner directement des choses, sonnantes et trébuchantes pour les gens. » À quelques jours de la journée de grève interprofessionnelle du 5 novembre, Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT espère que la mobilisation sera massive. Mais difficile d’y voir clair après deux semaines de vacances scolaires.

Les blocages lycéens qui rythmaient l’actualité sociale depuis fin septembre ont repris timidement au retour des vacances, alors que les organisations syndicales lycéennes et étudiantes appellent à les poursuivre. Les blocages ou fermetures administrative des universités continuent. Pendant la pause automnale, des manifestations massives avaient pris le relais pendant trois samedis consécutifs, faisant converger la jeunesse lycéenne et étudiantes avec une partie du salariat. Un signal favorable, mais qui ne garantit pas des grèves massives en capacité de peser sur le gouvernement et le patronat. « La population est au courant des manifestations du samedi, pas encore du 5 qui est très connu syndicalement, mais moins sur une échelle large », poursuit Thomas Vacheron.

Annoncée depuis près d’un mois, la journée de grève du 5 novembre réunit désormais les huit principales confédérations du pays (CFDT, CGT, FO, FSU, CFTC, Solidaires, UNSA, CFE-CGC). Elle fait suite à une première journée de grève de la fonction publique, le 29 septembre, qui avait déjà réuni entre 200 000 et 300 000 personnes dans la rue. Objectif : obtenir des augmentations de salaire en pesant à la fois sur le gouvernement – qui fixe par décret le niveau du SMIC et peut dégeler le point d’indice des fonctionnaires – et sur le patronat, en mesure d’augmenter les salaires dans les branches et dans les entreprises.

Gagner sur les salaires

Si cette augmentation des salaires semble atteignable, c’est parce que le…

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Auteur: Guillaume Bernard, Stéphane Ortega