La crise sanitaire a exacerbé le manque de moyens, le Ségur de la Santé a cristallisé leur colère : le 3 décembre, les professionnels du social et du médico-social étaient en grève. Près de cinquante manifestations ont eu lieu, du Havre à Toulouse. À Paris, le rassemblement a réuni près de 600 personnes devant le ministère des Solidarités et de la Santé, où une délégation était reçue.
Au dos de leurs blouses blanches, on peut lire : « Soignante en solde : – 183 € ». Corinne et Sylvie travaillent dans l’aide à domicile et ont écrit, en lettres rouges, leur sentiment de dévalorisation. La première est aide-soignante et assistante de soins en gérontologie ; la seconde, cadre administratif. Elles déploient une banderole devant le ministère des Solidarités et de la Santé. La préfecture a interdit leur marche, il pleut, et il fait froid. Qu’importe : les professionnels du social et du médico-social ont décidé de faire du bruit pour cet important jour de mobilisation nationale.
183 euros ? Le chiffre qui a fait déborder le vase. Les accords du Ségur de la santé, signés en juillet, ont acté une revalorisation socle des salaires des professionnels des hôpitaux et des Ehpad, de 183 euros net. Mais les professionnels de la protection de l’enfance, du handicap, de l’hébergement ou encore du domicile, comme Corinne et Sylvie, ne sont pas concernés.
« Nous avons le même diplôme d’État, mais pas les mêmes salaires… » déplore Corinne. Avec Sylvie, elles travaillent dans un pôle regroupant un Ehpad, un centre d’accueil de jour et un SSIAD (service de soins infirmiers à domicile). Les aides-soignantes de l’Ehpad ont eu l’augmentation. Mais pas Corinne. Au rassemblement, on dénonce une injustice, une « discrimination salariale ». L’expression circule partout : ils sont « les oubliés du Ségur ».
Manque de reconnaissance
Surtout, on dénonce un manque de…
Auteur: Maïa Courtois
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