Grève pour les salaires : le gouvernement répond par l'austérité

Arnaud Bontemps est l’un des porte-parole de Nos services publics, un collectif d’agents de la fonction publique engagés pour retrouver le sens de leurs missions au quotidien.

Reporterre — Le 18 octobre se tient une grève pour l’augmentation des salaires. Le budget en discussion à l’Assemblée nationale va-t-il améliorer le quotidien des Françaises et Français ?

Arnaud Bontemps — Le budget auquel on est confrontés, c’est un budget de stagnation. Certes, sur le papier, ce projet de loi de finances affichait une augmentation des dépenses publiques de 65 milliards d’euros. Mais cet affichage « en valeur » ne reflète pas la réalité des prix pour les services publics : dans la situation de forte inflation que nous connaissons aujourd’hui, cette hausse des dépenses publiques sera intégralement « consommée » par la hausse des prix. Donc en termes de capacité d’amélioration des services publics, c’est le néant : on ne change ni la taille ni la répartition du gâteau. Concrètement, cela aura des conséquences très importantes pour les services publics, et donc directement pour les gens.

Sur les services publics, c’est le gel du point d’indice pour les fonctionnaires par exemple. Mais c’est aussi le quasi-gel des dotations aux collectivités territoriales, qui gèrent par exemple la restauration scolaire, l’aménagement du territoire, et beaucoup de services sociaux. C’est tout ça qui sera touché.

Pour la population, ce sera extrêmement concret, il y a déjà certaines mesures d’économies qu’on a pu identifier dans le projet de loi de finances. On pourrait parler de la baisse des crédits d’hébergement d’urgence et la fermeture de 20 000 places, de l’augmentation inférieure à l’inflation des crédits MaPrimeRenov’, sur la rénovation thermique des bâtiments, alors même que les études montrent qu’il faudrait plutôt doubler le rythme de rénovations thermiques actuel. On a une baisse du nombre de bénéficiaires des bourses scolaires pour compenser leur indexation sur l’inflation, on a une diminution de 65 millions des crédits relatifs aux emplois aidés, pour les personnes les plus éloignées de l’emploi. Donc ça a des conséquences sur la vie des gens, et dans les moments de tension notamment sur les salaires qu’on voit aujourd’hui, ça ne peut que les aggraver.

Le plus inquiétant, c’est qu’en lisant le projet de budget, on n’arrive pas à documenter l’intégralité des économies. La crainte qu’on a est que cela se traduise concrètement…

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Auteur: Reporterre

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