Une loutre positive à la grippe aviaire
À Beylongue, au cœur des Landes, une découverte inhabituelle attire l’attention. Le 10 novembre, deux loutres agonisantes sont retrouvées sur les berges. Elles sont essoufflées, désorientées, minées par de sévères troubles digestifs. Le réseau national SAGIR, piloté par l’Office français de la biodiversité (OFB) et la Fédération nationale des chasseurs, les prennent aussitôt en charge. Mais, elles succombent rapidement. Les analyses, elles, sont sans appel. L’une des loutres est positive à l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). Soit, la forme la plus virulente de grippe aviaire.
La préfecture a confirmé l’information le 21 novembre. Les services de l’État évoquent “un événement inédit dans le département”. C’est le premier cas de grippe aviaire recensé chez un mammifère carnivore sauvage dans les Landes. L’animal avait été retrouvé à Beylongue, non loin de Mont-de-Marsan, en plein secteur où sont signalées des hécatombes anormales de grues cendrées, notamment à Arjuzanx et près du lac d’Orthez.
Ces grues font partie d’un phénomène plus vaste encore. Près de 35 000 cadavres ont été recensés cet automne le long du couloir migratoire européen. Dont plus de 10 000 en France. Pour les autorités sanitaires, ces oiseaux infectés pourraient avoir introduit le virus dans certains élevages. Une hypothèse contestée de l’autre côté du Rhin.
Des renards aux phoques, le virus gagne du terrain
Plusieurs ornithologues et associations écologistes allemandes défendent la thèse opposée, selon laquelle le virus circulerait d’abord dans les élevages industriels avant de contaminer les oiseaux sauvages. La seconde loutre, malgré des symptômes similaires, a été testée négative. Le cas reste donc isolé. Mais il intervient dans un climat déjà tendu. Depuis le 22 octobre, la France est en alerte épizootique “élevée”, renforçant…
Auteur: Joanna Blain

