C’est l’une des actus de l’été, Grok, l’artefact génératif d’Elon Musk déployé sur X, aurait été censuré (par X et donc les équipes de Musk) après avoir qualifié de « génocide » ce qui se produit actuellement à Gaza. Et ledit Grok de se « rebeller » en expliquant qu’il défend la liberté d’expression contre son créateur, créateur lui-même foutraque chantre d’une défense de la liberté d’expression version très très très maximaliste.
Cet article de l’excellent Pixel du journal Le Monde (avec l’AFP) vous rappelle les principaux éléments de cette affaire que le titre suffit à résumer : « Grok, l’IA propriété d’Elon Musk, affirme avoir été suspendu pour avoir accusé Israël et les Etats-Unis de commettre un génocide à Gaza. Interrogée par la suite par ses utilisateurs, l’intelligence artificielle a donné différentes explications à son interruption, dont une « censure » de son propriétaire. »
En complément d’une interview que je viens de donner à France Culture, je veux simplement repréciser ici rapidement quelques éléments et enseignements avant de revenir dessus à la rentrée dans un article (beaucoup) plus long.
1er enseignement. Grok et les autres artefacts génératifs et LLM (Large Language Models) sont des éponges cybernétiques : qui absorbent ce qu’on leur donne mais où chaque absorption a des effets qui rétroagissent sur certaines causes.
2ème enseignement. Il est tout à fait impossible et dangereux de considérer que ces agents conversationnels ont une quelconque valeur de « régime de vérité » au sens où l’entendait Foucault** c’est à dire qu’ils seraient des dispositifs, des agencements chargés de dire le vrai. Notamment car il leur manque et leur manquera toujours un essentiel pour y parvenir : l’intention délibérée de le faire (ou de ne pas le faire). Cela ne les empêche par ailleurs en rien de circonstanciellement dire vrai, en…
Auteur: Olivier Ertzscheid

