Groupes de niveaux : Attal investit dans le tri social

Gabriel Attal veut un « choc des savoirs » pour « élever le niveau des élèves ». En décembre, alors ministre de l’Éducation nationale, il a annoncé la mesure phare de son projet : la mise en place de « groupes de niveaux » en français et en mathématiques pour les élèves de 6e et de 5e, cassant le fonctionnement par classe. La réforme sera effective dès la rentrée prochaine. Les directeurs de collèges la jugent inapplicable – par manque de professeurs, de salles de cours. Il faut sacrifier des options, des dispositifs existants, arrêter les cours de soutien, mais qu’importe.


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Lors d’un séminaire en ligne organisé dans l’urgence le 14 mars avec plus de 10 000 personnels de direction, le Premier ministre déroule son argumentaire. Il sera très vite contraint d’arrêter l’échange – avec une heure d’avance, assailli de questions auxquelles il semblait ne pas pouvoir répondre. Concession symbolique, le terme « niveau » a été remplacé par « besoin », mais l’idée reste la même. Toutes les études montrent que ce type de dispositif contribue à renforcer les inégalités et à augmenter les écarts entre élèves. À renforcer le sentiment d’échec de ceux qui se retrouvent assignés dans le groupe « des faibles ». Sans impact réel pour les autres.

Quel projet défend-on quand on stigmatise des enfants à un âge où se construit l’estime de soi ?

Quel projet défend-on quand on stigmatise des enfants à un âge où se construit l’estime de soi ? « Vos camarades seront des élèves en difficulté. Votre enseignant vous fera des cours pour élèves en difficulté. Vous aurez un emploi du temps d’élève en difficulté. Vous avez 10 ans, votre avenir a déjà un…

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Auteur: Agnès Rousseaux

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