Ardoises brisées et trou béant dans le toit. Le 23 octobre dernier, une maison aux Aix-d’Angillon, dans le Cher, a été endommagée à cause de la chute… d’une grue cendrée. Récupéré par l’Office français de la biodiversité, l’oiseau a été testé positif au virus de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP).
« Nous sommes confrontés à une triste pluie d’oiseaux grippés », confirme à Reporterre Jean-Noël Rieffel, directeur régional de l’Office français de la biodiversité (OFB) Centre Val-de-Loire. Dans d’autres régions, des grues sont tombées sur des autoroutes et dans des cours d’école, ajoute-t-il.
Depuis un mois, les cadavres d’environ 25 000 grues cendrées auraient été retrouvés sur leur parcours migratoire qui passe par l’Allemagne, la France et l’Espagne, évalue Alain Salvi, président du Groupe de travail européen sur les grues. Le décompte dépasserait les 10 000 en France. « Et encore il ne s’agit là que des oiseaux qui ont pu être observés. Beaucoup d’autres ont sans doute disparu, dans les eaux ou mangés par des prédateurs », précise celui qui est également président du Conservatoire d’espaces naturels de Lorraine.
Chaque automne, 350 à 400 000 grues cendrées survolent notre pays dans de mouvantes lignes en V, annonçant les premiers froids par leur « krrrrou, krrrrou » caractéristique. Environ un tiers ne vont pas plus loin et restent hiverner sur les sites d’escale, en Champagne-Ardenne (Lac du Der), dans les grandes vallées alluvionnaires de la Loire et de l’Allier (Nièvre, Cher, Allier) ou encore dans les Landes (réserve naturelle d’Arjuzanx).
Ces grands oiseaux gris et farouches seront moins nombreux à picorer dans nos champs cet hiver. Même si Alain Savi se veut rassurant : l’épizootie actuelle ne devrait pas affecter outre-mesure le renouvellement des populations de grues dont les effectifs sont satisfaisants.
1,5…
Auteur: Fabienne Loiseau

