Nous publions une recension d’un livre sur un sujet qui, en apparence est encore incident relativement à notre présent immédiat ; mais, en réalité dessine quelque chose comme un exempla, l’image d’une vie possible de fille, femme, mère, militante, compagne et guérillera. Guérillera raconte le parcours de l’autrice, Lourdes Uranga López, depuis sa naissance dans un quartier populaire de Mexico, en 1940, jusqu’à son amnistie en 1978 et son retour au Mexique. Au fil des pages, se donne à voir ce que ce fut, en ces années-là, l’expérience du quotidien, du machisme et de la guérilla.
Chronique écrite sur un ton (au premier abord) léger, organisée autour de courts chapitres et d’extraits de ses poèmes, Guérillera dessine le contour d’une époque à partir d’un parcours personnel singulier. L’enfance de Lourdes López dans un quartier populaire, haut en couleurs, auprès de sa (très jeune) mère et de ses frères est entrecoupée de périodes malheureuses où la famille (re)vient vivre chez le père, tyrannique et violent : « mes parents étaient passés par les étapes classiques : le type demande pardon pour des raisons récurrentes, et la femme pardonne pour des raisons ataviques » (pages 23-24). Cette ironie mordante traverse tout le livre.
À dix-neuf ans, comme sa mère, elle tombe enceinte, victime de ce qu’elle nomme « la conspiration de l’utérus ». Que faire sinon se marier ? Mais, son mari qui lui avait fait découvrir Marx et la littérature russe, professait des idées de gauche, se révèle avoir une idée précise – et précisément conformiste – de la famille et du rôle (traditionnel) qui incombe à la femme et à la mère. Ainsi, Lourdes évoque « un contrôle collectif constitué par l’État, mon mari, puis mes enfants, et dont j’étais le seul objet » (page 44). Cette aliénation est d’autant plus durement ressentie, qu’à la suite de la révolution cubaine (1959), les…
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Auteur: dev

