L’épais document, qui foisonne sur près de 300 pages, promet de faire du bruit. L’ONG Amnesty International publie ce jeudi 5 décembre un rapport baptisé « On a l’impression d’être des sous-humains » avec le sous-titre suivant : « le génocide des Palestiniens et Palestiniennes commis par Israël à Gaza ». La secrétaire générale de l’ONG, Agnès Callamard, assure qu’il s’agit d’une « analyse loyale et en profondeur », et aucunement d’un travail qui répondrait à une quelconque logique « politique ou préférentielle ». Le rapport, qui porte sur une période de neuf mois, entre le 7 octobre 2023 et début juillet 2024, s’appuie sur des entretiens avec 212 témoins, ainsi que sur de nombreux documents : images satellites, photos, vidéos, contenus de médias…
Souci de démonstration juridique
Pour l’organisation, la nature des opérations militaires menées à Gaza par l’armée israélienne correspond au génocide tel que défini par le droit international. La convention sur le génocide de 1948, ratifiée en 1950 par Israël, décrit un acte commis « dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel ». Elle liste la série d’atteintes qui peuvent le constituer : meurtre de membre du groupe, atteinte à l’intégrité physique ou mentale de ce dernier, le soumettre à des conditions d’existence conduisant à sa destruction totale ou partielle, entrave des naissances, transfert forcé d’enfants vers un autre groupe. « Il est clair que nous sommes en présence d’au moins 3 de ces 5 actes », défend Agnès Callamard. Amnesty en fait les têtes de chapitre de son rapport : homicides et blessures graves ; conditions de vie devant entraîner la destruction des Palestiniens ; intention spécifique de génocide.
Concernant le bilan humain de la guerre, les rapporteurs insistent sur le fait que parmi les 40 717 morts durant la…
Auteur: Jean-Baptiste François

