Guerre au Moyen-Orient : les énergies renouvelables au cœur du conflit

Beyrouth (Liban), correspondance

Des panneaux solaires gisent carbonisés au milieu des décombres, tordus par les flammes et le souffle de l’explosion. À Rayak, dans la vallée de la Bekaa, une frappe israélienne a réduit à néant un immeuble résidentiel début mars. Victime collatérale : les panneaux photovoltaïques installés par les habitants pour assurer leur approvisionnement en électricité, alors que l’Électricité du Liban, la compagnie nationale, ne fournit que quatre heures par jour.

Depuis 2019, la crise économique au pays du cèdre a rendu les Libanais dépendants aux générateurs privés — très polluants et chers —, fonctionnant au mazout. Alors, pour faire des économies, des centaines de milliers de particuliers, entreprises et municipalités ont investi dans le solaire — jusqu’à 500 millions de dollars (428 millions d’euros) pour le secteur privé. À la mi-2023, le Liban atteignait une capacité installée de 1 005 mégawatts (MW), soit 30 % de la production totale d’électricité du pays.

Mais le fracas des bombes est venu oblitérer cette dynamique. « Dans le Sud-Liban notamment, Israël a visé des infrastructures renouvelables, entraînant un coût matériel considérable et direct pour les ménages. Cela fait partie de sa stratégie de rendre ce territoire inhabitable », estime Haley Schuler-McCoin, économiste politique et analyste au Tahrir Institute for Middle East Policy (Timep).

La guerre déclenchée depuis le 7 octobre 2023 entre Israël et le Hezbollah n’a pas seulement fait plus de 5 700 morts, 21 000 blessés et 1,2 million de déplacés côté libanais, elle a aussi détruit de nombreuses infrastructures civiles, dont 500 000 panneaux solaires. Ces destructions mèneraient à une nouvelle dépendance aux générateurs, et donc à une pollution accrue : un demi-million de tonnes de CO2 par année.

« Il faut aussi voir que la hausse des prix du pétrole va…

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Auteur: Philippe Pernot

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