Selon Ben Saul, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection des droits de l’homme dans la lutte antiterroriste, au moins 239 civils ont été tués par l’armée américaine lors de 71 frappes contre des embarcations en mer depuis septembre 2025. Des opérations qu’il juge illégales au regard du droit international et qui pourraient, selon lui, constituer des crimes contre l’humanité.
« Ces assassinats n’ont aucune justification en droit international », a déclaré M. Saul lors d’un point de presse au siège des Nations Unies à New York, soulignant que les États-Unis ne peuvent invoquer la légitime défense en l’absence d’attaque armée contre leur territoire.
Il estime également que ces opérations ne relèvent pas du droit international humanitaire applicable aux conflits armés, les cartels et les gangs criminels ne constituant pas, selon son analyse, des groupes militaires engagés dans des combats contre les forces américaines.
« Les États-Unis exécutent des civils à bord de navires civils en mer », a-t-il dénoncé, rappelant que le droit international de la mer prévoit plutôt l’inspection des navires soupçonnés de trafic de drogue, avec le consentement de leur État de pavillon.
Terrorisme et crime organisé : deux cadres distincts
Dans son rapport présenté mercredi à l’Assemblée générale des Nations Unies, Ben Saul s’inquiète d’une tendance croissante à désigner des cartels de la drogue et des gangs comme des organisations terroristes. Une quinzaine de pays auraient ainsi inscrit quelque 39 groupes sur leurs listes terroristes.
Or, insiste-t-il, le terrorisme et la criminalité organisée relèvent de cadres juridiques distincts. Le premier est généralement motivé par des objectifs politiques ou idéologiques, tandis que la seconde vise principalement un profit financier ou matériel.
Si des liens peuvent exister entre groupes terroristes et réseaux criminels, cette proximité ne…
Auteur: Nations Unies FR
