Cpl. Kayla Mc Guire
Les États-Unis, pionniers de la guerre des drones, voient leur avance remise en cause par l’essor de drones bon marché et produits en masse. La « guerre de saturation » en cours en Iran change les rapports de force : le nombre et l’adaptabilité deviennent aussi importants que la possession de systèmes technologiques très avancés et très coûteux. Washington accuse un retard stratégique plus que technologique et peine à adapter son modèle militaire.
Les États-Unis ont longtemps incarné la pointe de la guerre des drones. Dès les années 2000, avec les Predator puis les Reaper, Washington met en place une doctrine reposant sur la surveillance permanente et la frappe ciblée à distance, notamment en Afghanistan, au Pakistan ou en Irak. Ces opérations ont suscité d’intenses débats sur leur légalité, leur efficacité et leurs conséquences politiques. L’approche reposait sur une promesse centrale : frapper à distance avec précision tout en limitant l’exposition des forces américaines.
Les conflits récents, en Ukraine comme au Moyen-Orient, marquent un changement de paradigme. Cette avance historique ne protège plus Washington. Une nouvelle génération de menaces s’impose, plus simple, plus accessible et surtout beaucoup moins coûteuse. Des drones iraniens de type Shahed, utilisés massivement par la Russie, aux drones navals improvisés en mer Noire, en passant par les drones FPV (pour « First Person View », vue à la première personne), aussi appelés drones kamikazes, transformés en armes de précision à bas coût, la…
Auteur: Elizabeth Sheppard Sellam, Responsable du programme « Politiques et relations internationales » à la faculté de langues étrangères, Université de Tours

