Guerre du capital et antiennes anti-impérialistes : l'Ukraine

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, nous sommes submergés de commentaires géopolitiques plus ou moins heureux. Certains tentent de faire oublier leur fascination pour Vladimir Poutine pendant que d’autres ressortent les antiennes anti-impérialistes cryogénisées de leur congélo. Dans ce très bon texte, nos amis de Temps Critiques tentent de mettre un peu d’ordre dans tout cela afin de dégager une lecture actuelle et lucide du rapport qu’entretiennent le capital, les forces dominantes en présence et la possibilité et la nécessité, plus que jamais, d’en dégager une critique révolutionnaire.

Le capital ne dépasse rien

La crise sanitaire avait entraîné l’idée fugace que l’ancien monde pouvait, dans l’urgence, laisser place à un monde nouveau parce que l’événement semblait passer au révélateur ce qu’implique l’acceptation et la reproduction de ce qu’on a appelé la société capitalisée. Celle-ci pouvait être remise en cause non pas au nom d’une prise de conscience, car de tout cela tout le monde ou presque est plus ou moins conscient. En conséquence, il ne s’agissait pas de retourner aux « valeurs » (conservatrices) ou aux « vraies valeurs » (éthiques) que la révolution du capital bouscule, mais d’expérimenter quelque chose qui sortait de l’ordinaire. Mais on sait qu’à part le développement de gestes de solidarité et une remise en cause partielle et en actes des hiérarchies dans certains secteurs et particulièrement à l’hôpital, il ne se passa plus grand-chose. En effet, État et capital furent les seuls à même de répondre au défi sanitaire. Le respect des mesures de confinement puis la confiance majoritaire dans les vaccins ont permis une remise en route de l’ordinaire. Contrairement à la nouvelle ritournelle à prétention anticapitaliste d’un retour au business as usual, elle s’est faite d’abord sur la base de la continuité logistique qu’offre la plasticité des technologies de l’information et de l’économie de plateforme. Elle a gommé en partie les blocages qu’occasionnait la crise sanitaire. Elle s’est faite ensuite sur la base des nouvelles logiques du pouvoir politique marquées par l’absence de position politique et l’aversion au risque, le « en même temps » et l’impératif de l’adaptation permanente. Cette plasticité au niveau des « politiques » forme le pendant des flux d’information et de marchandises d’une part et de la flexibilité des processus de production d’autre part. Cela…

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Auteur: lundimatin