Des budgets de l’armement qui grimpent en flèche, un nombre de conflits armés sans précédent depuis 1946 (61 dans le monde en 2024), et une situation qui ne semble pas se calmer avec une nouvelle attaque d’Israël et des États-Unis contre l’Iran déclenchée ce samedi 28 février. Dans ce contexte, Emmanuel Macron doit prononcer un discours très attendu, lundi 2 mars, dans lequel il pourrait notamment annoncer une extension de la force de dissuasion nucléaire française à l’ensemble de l’Union européenne.
Si elle est présentée comme « puissante et responsable » et « strictement défensive », la militarisation croissante du pays n’en reste pas moins aux antipodes des postures écologistes antimilitaristes. Pierre Douillard-Lefèvre, sociologue et auteur de Maudite soit la guerre (éd. Divergences, 2025), plaide pour un renouveau de l’antimilitarisme, qui a été fondamental pour l’écologie politique en France.
Reporterre — Comment tenir une position antimilitariste aujourd’hui, alors qu’il n’y a jamais eu autant de conflits armés dans le monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, comme le rappelle le bombardement de l’Iran par Israël et les États-Unis samedi 28 février ?
Pierre Douillard-Lefèvre — Il y a un premier piège à éviter : Emmanuel Macron parle de « réarmement » — comme s’il y avait eu un désarmement — et affirme que nous aurions ces dernières décennies profité des « dividendes de la paix ». Mais, s’il y a indéniablement un grand nombre de conflits aujourd’hui, il n’y a pour autant jamais eu de période de paix : depuis les guerres d’indépendance à la fin des années 1960, la France a mené une soixantaine d’opérations militaires en Afrique, soit une par an en moyenne. Dans les pays du Sud global, la guerre n’a jamais pris fin.
En revanche, il est vrai que les investissements dans le complexe militaro-industriel augmentent massivement…
Auteur: Nicolas Celnik

