La réunion était sans précédent et l’image frappante dans le contexte de bouleversement des alliances. Le président de la République a accueilli mardi 11 mars, à Paris, 34 chefs d’état-major des armées de pays appartenant à l’Union européenne et à l’Otan, mais aussi représentant l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon. Pendant que se tenaient au même moment des discussions entre diplomates américains et ukrainiens en Arabie saoudite, Emmanuel Macron a tenté de coordonner une réponse à apporter à l’Ukraine pour garantir sa sécurité, en cas d’accord de paix avec la Russie.
Alors que Vladimir Poutine s’est déclaré ce jeudi 13 mars favorable la proposition de trêve américaine, soulignant qu’il y avait des « nuances » et des « questions importantes » à régler, ce rassemblement s’inscrit dans une série de consultations que le chef de l’État a lancée depuis que Donald Trump a remis en question le lien transatlantique et le soutien à l’Ukraine, tout en ouvrant un dialogue avec son homologue russe. Cette « nouvelle ère » semble donner raison à Emmanuel Macron qui plaidait, dès son élection en 2017, dans son discours de la Sorbonne, pour une « Europe de la défense » et une « souveraineté européenne ».
« C’est un moment européen où les bonnes idées viennent d’Emmanuel Macron », observe Michaela Wiegel, correspondante à Paris du quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. Au point qu’en Allemagne, ajoute la journaliste, « il y a maintenant un désir de France », « un regain d’intérêt et d’estime parce qu’on redécouvre ses atouts : la puissance nucléaire, l’action diplomatique et la relation personnelle avec Donald Trump ». Le futur chancelier conservateur Friedrich Merz est favorable au débat ouvert par Emmanuel Macron sur une extension du parapluie nucléaire français à d’autres nations européennes. Tout comme le chef du gouvernement polonais,…
Auteur: Corinne Laurent

