Il y a une ironie tragique dans les efforts de Donald Trump pour obtenir « la paix » entre la Russie et l’Ukraine. Le drame vient des fortes pressions qu’il exerce sur le pays agressé pour lui faire accepter des conditions humiliantes. Le comique tient à son espoir d’arracher un « bon accord » avec Vladimir Poutine. Or celui-ci se satisfait de maintenir son pays en guerre.
L’état d’exception garantit sa stabilité au pouvoir. L’économie n’est pas florissante mais les progrès technologiques dans l’industrie d’armements sont importants. Et il s’est convaincu qu’il marchait dans les pas des tsars ayant étendu l’empire russe aux XVIIIe et XIXe siècles. Cette nouvelle conquête de l’Ouest est le socle de sa politique. Elle est peut-être même sa raison de vivre.
C’est pourquoi les négociateurs américains tournent en rond. Depuis l’invasion de février 2022, Vladimir Poutine n’a rien lâché de ses buts de guerre initiaux : annexer une grande partie du territoire ukrainien ; avoir à Kiev un gouvernement à sa botte ; neutraliser militairement son voisin ; lui interdire d’intégrer l’Otan. Ces objectifs atteints, il sera en position favorable pour exiger une nouvelle zone d’influence en Europe centrale. D’autant que l’administration Trump veut également affaiblir l’Union européenne. Pour autant, sur le terrain, rien n’est fait. L’Ukraine résiste. Les Européens la soutiennent. Et Poutine est loin d’avoir gagné.
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