Le rapport de force est-il en train d’évoluer ? L’Ukraine a répliqué, mercredi, avec une vaste attaque de drones contre des sites militaires de Saint-Pétersbourg, après les frappes russes ayant fait 23 morts la veille. « En termes militaires, ces frappes sur Saint-Pétersbourg, ville fétiche de Vladimir Poutine, c’est un boomerang, […] il se prend un retour dans la figure », estime l’ancien officier et essayiste Guillaume Ancel, invité ce jeudi de la matinale de Public Sénat. Le moment a été soigneusement choisi : le forum économique de la ville, sorte de « Davos russe », s’est ouvert le jour même.
Une manière de fragiliser le chef d’État russe alors qu’il cherche à rassurer les milieux économiques. « Pour lui, c’est une gifle terrible, une humiliation politique », analyse Guillaume Ancel. D’autant que les images de la colonne de fumée émanant de la seconde ville du pays sont de nature à rendre visible le conflit et donner du grain à moudre à l’opposition interne.
« Sa crainte la plus grande, c’est que toutes les frustrations qu’il a créées en Russie, y compris dans son propre cercle, se traduisent par une tentative de l’éliminer, poursuit l’auteur de l’ouvrage « Petites leçons sur la guerre ». Or, Poutine joue sa vie avec le succès de cette opération et il n’y arrive pas. » Le renforcement récent de la sécurité personnelle du leader russe, dont CNN et le Financial Times ont…
Auteur: Christian Mouly

